Légende

Zoartoïste

de Catherine Gil Alcala

 

Note d'intention

"Zoo zoar arto artaud artiste autiste taoïste Zoroastre

chimère du mot-valise, enchâssement et à la fois fragmentation de sons et de sens

mort et renaissance, les mille morceaux d'un être se dispersent dans l'univers

les mille éclats de son image dans le miroir explosent et reflètent les récit des catastrophes

on peut y voir le cataclysme comme le miroir brisé de la schizophrénie

l'éparpillement papillonnant d'une nuée d'âmes de l'être dissocié ?

Zoartoïste, j'ai entendu ce mot dans un rêve quand j'étais en répétition sur une création onirique et un théâtre d'image sur le thème de la mort et de la renaissance, de la transformation.
J'ai décidé de l'écrire car il y avait une persistance et une fascination dans la mémoire de ce mot-valise aux allures prophétiques.
Je me souviens que pour nourrir le travail, on avait lu le Bardo Thödol, le livre des morts Tibétain.
Je me souviens de certains passages grotesques et violents frisant l'humour : « Et bien que tu sois haché en mille morceaux, tu ne peux mourir ! » qui m'ont fait penser à la joyeuseté de la fête des morts en Amérique du Sud et à Haïti.
Il y avait sous-jacent l’hommage ou l'incantation à un mort défenestré, l'image d'un corps en mille morceaux comme le corps d'un rêve...
Il y avait un numéro de fakirisme où je vidais un carton de verres fragiles sur le sol pour faire des sons à mains nues avec les morceaux de verres brisés qui se recomposaient la scène suivante pour un faux numéro de cirque où je tournais comme un derviche avec sur ma tête des verres collés sur un plateau qui se transformait en table de café, etc...
À la réécriture, m'est revenu ce souvenir d'enfance du miroir de la porte de la salle de bain qui s’était effondré avec mon image en mille morceaux dans la baignoire rouge de mon sang.
J'ai donc fait ce travail de réécriture avec des associations de souvenirs dispersés dans l'espace et dans le temps.

Réécrire le théâtre d'image métamorphosé en l'écriture sonore, musicale, percussive,

hallucinée claquant des dents, avec pour finalité la réinvention d'un théâtre ancestral...

la métamorphose comme les fragments de mythologies du monde entier

la volonté de réunir l'intime et l'immensité

le processus onirique d'une mythologie à la fois personnelle et universelle.



Résumé

Un rite des morts et des renaissances.
Le flot des vies jaillit du corps morcelé, ensorcelé de Zoartoïste dans les éclats des miroirs.
« Zoartoïste… prononce une voix de noyé dans un rêve, c’est le nom d’une divinité animale du monde archaïque ou d’un démiurge industrieux dans la dent creuse d’une caverne tellurique.
Les esprits s’agitent et vitupèrent autour des dormeurs dans le vacarme de la mort.
Arto l’autiste rase les murs dans un abîme de sons. »

Nota bene :  Comme il s'agit de fragments la durée de la performance peut varier entre 20 minutes et 1h15

 

Ce spectacle était au programme du festival Mantsina sur scène (Brazzaville) en décembre 2019 (production Cie la Maison Brûlée).